Critiques
Théories queer et transféminismes
Cadres d’interprétation. Pas des démonstrations expérimentales.
Une théorie queer propose une manière de lire les normes. Elle peut être puissante et néanmoins non empirique. Le transféminisme déplace le sujet politique du féminisme. Aucun des deux ne devient vrai parce qu’il circule, ni faux parce qu’il dérange. On les présente comme des théories, avec leurs critiques.
Ce n’est pas un catéchisme. Désaccord n’est pas insulte, et slogan n’est pas concept.
Disciplines concernées : Philosophie · Études littéraires · Études féministes
Notices rattachées
- HétéronormativitéOrganisation sociale qui rend l’hétérosexualité, le couple et la binarité de genre évidents, souhaitables et souvent obligatoires. Ce n’est pas l’existence des personnes hétérosexuelles.
- CisnormativitéAttente sociale selon laquelle le genre vécu coïncide avec le sexe assigné, et selon laquelle cette coïncidence serait plus naturelle, plus saine ou plus réelle. « Cis » nomme cette coïncidence quand elle a lieu, sans en faire un compliment ni une insulte.
- QueerD’abord une insulte anglaise visant ce qui s’écarte des normes de genre et de sexualité. Réappropriée, à partir de la fin des années 1980, comme position critique. En français, le mot reste traduit, discuté, parfois refusé.
- Performativité du genreThèse, associée à Judith Butler : le genre n’est pas l’expression d’une identité intérieure déjà là. Il est produit par la répétition de normes. Ce n’est pas un choix de costume.
- TransféminismeFéminismes qui intègrent les expériences trans comme questions féministes centrales — violences, travail, médecine, prison, famille — et non comme un problème extérieur.
- TravestilitéIdentité politique et expérience sociale latino-américaine, notamment argentine, portée par des personnes assignées hommes qui vivent dans un genre féminin, dans un rapport historique à la police, au travail sexuel et à la mort précoce. Ni un spectacle drag, ni le calque de transgender.
- Savoirs situésIdée, développée dans les études féministes des sciences, que tout savoir est produit depuis une position, et que le reconnaître rend le savoir plus responsable, pas moins rigoureux. Un témoignage documente une expérience. Il n’établit pas une prévalence.