Mouvements
Histoire des féminismes
Courants, textes, conflits. Aucune ligne d’arrivée, aucune hiérarchie officielle.
Il n’y a pas un féminisme qui progresserait du libéral au décolonial comme vers une vérité. Il y a des problèmes différents : le vote, le travail domestique, la race, la sexualité, l’empire, la terre, la médecine. Les courants se citent, se déchirent, se transforment. Les présenter côte à côte n’est pas les déclarer équivalents dans chaque lutte.
Ce n’est pas un manifeste de l’atlas et pas un palmarès d’autrices.
Disciplines concernées : Histoire · Philosophie politique · Sociologie
Notices rattachées
- GenreManière dont des sociétés organisent, nomment et hiérarchisent des différences qu’elles rapportent au sexe. Selon les traditions, le genre est un rapport social, une identité, une norme répétée, ou ces plans à la fois. Le mot ne désigne pas une seule chose.
- Rôles sociaux de genreAttentes distribuées selon les genres : qui soigne, qui hérite, qui parle, qui est disponible sexuellement, qui part à la guerre. Ces attentes changent avec la classe, la race, l’âge, le handicap et l’époque.
- Positionnement politique et militantAdhésion à une analyse, une organisation, une tactique. Ce n’est pas une identité sexuelle. On peut être lesbienne sans féminisme lesbien, et féministe sans être concernée par toutes les luttes LGBTQIA+.
- HétéronormativitéOrganisation sociale qui rend l’hétérosexualité, le couple et la binarité de genre évidents, souhaitables et souvent obligatoires. Ce n’est pas l’existence des personnes hétérosexuelles.
- IntersectionnalitéConcept forgé par Kimberlé Crenshaw en 1989 : des dispositifs qui ne traitent qu’un axe de discrimination à la fois rendent certaines personnes juridiquement invisibles, en particulier des femmes noires.
- LesbianismeDésir et identification de femmes envers des femmes. Peut aussi, dans certains textes féministes, nommer une position politique de refus de l’institution hétérosexuelle. Les deux sens ne doivent pas être confondus.
- Féminisme matérialisteCourant francophone qui analyse le genre comme un rapport social d’appropriation, en particulier dans le travail domestique. Christine Delphy et Colette Guillaumin en sont des figures centrales. Ce n’est pas un synonyme de « féminisme concret ».
- TransféminismeFéminismes qui intègrent les expériences trans comme questions féministes centrales — violences, travail, médecine, prison, famille — et non comme un problème extérieur.
- Décolonialité et genreEnsemble de critiques qui tiennent le sexe pour un outil des empires, des esclavages et des missions civilisatrices, y compris quand cette mission parle le langage des droits des femmes.
- Féminismes africainsEnsemble de recherches, de luttes et de désaccords produits sur le continent et dans ses diasporas. Il n’y a pas un féminisme africain, ni une femme africaine, ni un genre africain que l’on pourrait résumer.